La photographie est un art permettant d’exprimer sa créativité, sa sensibilité et sa spontanéité mais c’est avant tout une discipline soumise à des règles. La première règle à apprivoiser est la maîtrise de la lumière grâce à son appareil photo.

Dans ce tuto, je vais donc vous familiariser avec les 3 composantes principales de la photographie :

  • la vitesse d’obturation
  • l’ouverture du diaphragme
  • la sensibilité du capteur (ou de la pellicule)

Ces notions s’appliquent au monde numérique comme au monde argentique et tous les appareils fonctionnent grâce à elles.

Le plus simple est de s’entraîner avec un appareil photo numérique reflex en mode manuel (référez-vous à votre guide constructeur pour passer en mode manuel). Si vous ne possédez pas de reflex numérique, il faut savoir que certains compacts et tous les bridges sont équipés d’un mode manuel avec lequel vous pourrez tester les manipulations suivantes.

Votre plus fidèle ami dans cet exercice sera votre indicateur de niveau d’exposition (encore une fois, référez-vous à votre guide constructeur pour trouver la fonction sur votre appareil). Le but sera de régler cette indicateur en équilibre (sur le 0) pour une exposition correcte.

Commençons !

Régler la vitesse d’obturation

Prendre une photo s’appuie sur un concept simple : réussir à doser la quantité de lumière que va recevoir le capteur (ou la pellicule).

La vitesse d’obturation va vous permettre de régler le temps d’exposition de votre capteur à la lumière. Cette vitesse s’exprime en seconde, ou fraction de seconde (2sec, 1/10sec, 1/500sec, 1/1000sec…).

Pour faire simple :

  • plus il fera sombre, plus le délai d’obturation devra être élevé (ex : 2sec, 1/10sec) pour exposer plus longtemps le capteur à la lumière
  • plus il y aura de la lumière, plus le délai d’obturation devra être faible (ex : 1/500sec, 1/1000sec) pour exposer moins longtemps le capteur à la lumière

Le réglage de cette vitesse implique des effets secondaires :

  • si le délai d’obturation est élevé (condition sombre) la scène devra être statique et vous ne devrez pas bouger lors du déclenchement (préconiser un trépied). Sinon, vous génèrerez des photos floues (et tout le monde se moquera de vous :!: ).
  • si le délais d’obturation est rapide (beaucoup de lumière) aucun problème, vous pourrez prendre des photos en mouvement (ex : sport).

Note : selon les photographes, aux alentours de 1/80sec, la respiration, les tremblements naturels pourrons vous donner des effets flous. Si vous augmentez le délai (1/60sec par exemple) il deviendra difficile d’obtenir des photos nettes sans trépied.

Les exemples suivants ont été réalisés avec trépieds car les conditions de lumières étaient sombre :

Une vitesse trop rapide par rapport aux conditions de lumière (1/30sec), la photo est dite sous-exposée

Une vitesse trop rapide par rapport aux conditions de lumière (1/30sec), la photo est dite sous-exposée

Une vitesse trop rapide par rapport aux conditions de lumière (1/30sec), la photo est dite sous-exposée

Une vitesse qui convient aux conditions de lumière (1/6sec)

Une vitesse trop lente par rapport aux conditions de lumière (1/2sec), la photo est dite sur-exposée

Une vitesse trop lente par rapport aux conditions de lumière (1/2sec), la photo est dite sur-exposée

L’ouverture du diaphragme

Vulgairement, l’ouverture du diaphragme va vous permettre d’ouvrir plus ou moins votre objectif. Ce qui veut dire que vous allez faire entrer plus ou moins de lumière à l’intérieur.

Comme toujours, cette variable est symbolisée par un chiffre. Plus le chiffre est petit, plus l’ouverture est grande (logique non :? ).

Lorsque vous achetez un objectif, l’ouverture minimale est toujours précisée près de la lentille. Voici par exemple ce que vous pouvez trouver :

  • 1:1.8 –> ici l’ouverture maximal est de 1.8
  • 1:3.5-5.6 –> ici l’ouverture maximale est de 3.5 avec l’utilisation de la focale la plus basse (le zoom le plus large) ; si vous zoomez, l’ouverture diminuera pour arriver à 5.6 au minimum

Note : le terme de distance focale sera explicité dans un autre tuto, en gros c’est la capacité de zoom de votre objectif.

En règle générale, on utilisera une ouverture maximale (la valeur la plus basse possible) pour des conditions sombres et au contraire une ouverture minimale si il y a beaucoup de lumière.

Un objectif avec une forte ouverture sera souvent cher à l’achat.

Sur les vieux objectifs, vous pouvez encore régler l’ouverture avec une bague directement sur l’objectif. Sur les objectifs modernes, l’ouverture est réglée via des réglages sur l’appareil.

Les exemples qui suivent ont été pris avec une vitesse constante, seule l’ouverture du diaphragme a été modifiée. Ces photos ressemblent beaucoup aux exemples précédents, c’est pour bien vous montrer que l’ouverture ainsi que la vitesse d’obturation sont deux paramètres qui vous permettent de doser la quantité de lumière qui va entrer dans l’appareil.

Résultats en image :

Une ouverture trop importante par rapport aux conditions de lumière (5.0), photo sur-exposée

Une ouverture trop importante par rapport aux conditions de lumière (5.0), photo sur-exposée

Une ouverture qui convient aux conditions de lumière (9.0)

Une ouverture qui convient aux conditions de lumière (9.0)

Une ouverture trop faible par rapport aux conditions de lumière (16), photo sous-exposée

Une ouverture trop faible par rapport aux conditions de lumière (16), photo sous-exposée

La sensibilité ISO

Elle correspond à la sensibilité d’une pellicule ou d’un capteur numérique face à la lumière. Plus le chiffre est grand plus la surface est sensible. Les sensibilités classiques vont du 100 ISO jusqu’à 1600 ISO le chiffre doublant à chaque fois (100, 200, 400, 800, 1600, 3200).

La sensibilité sur une pellicule est liée à la taille des grains d’argents qui captent la lumière. Plus ils sont gros, plus ils sont sensibles, plus la photo est granuleuse au final.

En numérique le fonctionnement est presque similaire sauf que l’image ne sera pas granuleuse mais bruitée. L’augmentation de la sensibilité du capteur génère du bruit. Le bruit est une détérioration volontaire du capteur pour le rendre sensible, c’est malheureusement nettement moins esthétique que le grain argentique.

Quelques exemple :

Remarquez la détérioration de l'image avec l'augmentation de la sensibilité :mrgreen: (de gauche à droite : 100 - 400 - 1600)

Remarquez la détérioration de l'image avec l'augmentation de la sensibilité :mrgreen: (de gauche à droite : 100 - 400 - 1600)

Le mot de la fin

A vous maintenant d’essayer de combiner ces trois variables pour s’adapter à la situation.

Dans les cas extrêmes :

  • condition sombre (ex : photo en soirée, concert, photo d’intérieur)
    • augmenter l’ouverture
    • réduire la vitesse d’obturation, attention aux flous
    • augmenter la sensibilité ISO, attention à la détérioration de l’image
  • condition lumineuse (ex : paysages, photo d’extérieur)
    • réduire l’ouverture
    • augmenter la vitesse d’obturation
    • réduire la sensibilité ISO

N’hésitez pas à poser des questions pour plus de détails. A bientôt, et shootez bien ! :D